Les Enclos Paroissiaux 

Ce sont bien plus que de simples églises, des complexes architecturaux uniques au monde, nés d’une “compétition” amicale voire parfois féroce entre les villages du Nord-Finistère aux XVIe et XVIIe siècles. A cette époque, la Bretagne – et particulièrement le Léon et la Cornouaille – s’enrichit considérablement grâce au commerce du lin et du chanvre (utilisées pour les voiles des navires et les draps). Chaque paroisse , fière de sa fortune, a voulu construire l’enclos le plus majestueux pour montrer sa dévotion… et sa réussite sociale. C’est l’âge d’or de l’art religieux breton !

Pour qu’un ensemble soit considéré comme un “enclos”, il doit théoriquement réunir les cinq éléments suivants entourés d’un mur d’enceinte:

  • La Porte Triomphale est l’entrée monumentale qui symbolise le passage du monde profane au monde sacré.
  • Le Calvaire est une véritable BD de pierre. Il raconte la Passion du Christ et la vie des Saints pour une population qui, à l’époque, ne savait pas lire.     
  • L’Ossuaire : A l’époque, les cimetières étaient petits. Quand on manquait de place, on déterrait les anciens pour mettre leurs os dans ce bâtiment richement sculpté.
  • L’Eglise, souvent richement décorée de porches sculptés, cœur de l’ensemble.
  • Le cimetière entoure l’édifice à l’intérieur du mur car les morts restaient au cœur de la communauté.

Les “incontournables” à visiter

  • Guimiliau : Son calvaire est une fourmilière de détails historiques et bibliques avec plus de 200 personnages.
  • Lampaul-Guimiliau : Moins impressionnant de l’extérieur, l’intérieur de l’église est époustouflant avec ses poutres sculptées et ses retables dorés.
  • Saint-Thégonnec : Le plus imposant et le plus “riche” visuellement. Son calvaire est une prouesse technique et son intérieur est d’un baroque flamboyant, symbole de l’apogée de cet art.

Les Monts d’Arrée

Situés au sein du Parc naturel régional d’Armorique, c’est un peu le “bout du monde” terrestre au cœur du Finistère. On y quitte l’image classique des plages bretonnes pour entrer dans une ambiance de landes rousses, de tourbières et de sommets rocheux qui rappellent l’Irlande ou l’Ecosse. Le paysage est marqué par une ligne de crêtes de schiste et de grès. C’est un lieu où la nature est brute, souvent balayée par le vent, ce qui lui donne un aspect mystique, surtout quand la brume apparaît. La faune et la flore y sont protégées. C’est l’un des rares endroits où l’on peut encore trouver des ajoncs, des bruyères, des busards cendrés ainsi que des courlis cendrés. Les tourbières jouent un rôle écologique crucial pour la gestion de l’eau. Au pied des monts, des villages de caractère avec leurs maisons en schiste sombre et les fameux Enclos Paroissiaux.

Les Monts d’Arrée sont aussi le berceau de nombreux récits populaires comme la Porte de l’Enfer (au niveau des tourbières du Yeun Elez). Autrefois, on racontait que les âmes en peine y étaient précipitées. C’est un terrain de jeu fabuleux pour les conteurs qui organisent souvent des randonnées nocturnes.

*Quelques points essentiels

Les sommets et Panoramas

  • Le Mont Saint-Michel de Brasparts : le plus célèbre. Au sommet, une petite chapelle domine le lac de Brennilis. On peut apercevoir la rade de Brest par temps clair.
  • Le Roc’h Ruz : Point culminant de la Bretagne avec ses 385 mètres.
  • Le Roc’h Trevezel : Offre une des vues les plus impressionnantes sur le Léon (nord du Finistère), spot idéal pour admirer les crêtes rocheuses découpées.

Paysages et Nature

  • La Lande et les Ajoncs : le paysage est couvert de bruyères et d’ajoncs. En Automne ou au coucher du soleil, les couleurs virent à l’ocre voir au rouge.
  • Le Yeun Elez : vaste zone de tourbières marécageuses, zone naturelle classée. Selon la légende, c’est ici que se trouve la “Porte des Enfers” (le Kouffon an Ankou).
  • Le lac de Brennilis : grand réservoir entouré de sentiers de randonnée, parfait pour l’observation des oiseaux.

Patrimoine et Légendes

  • Huelgoat : situé à la lisière des monts, ce village est pour sa Forêt Enchantée, son Chaos de rochers géants, la Roche Tremblante et la Grotte du Diable.
  • Les enclos paroissiaux : à proximité, chefs-d’oeuvre d’architecture religieuse en granit, témoins de la richesse passée de la région grâce au lin.
  • L’écomusée des Monts d’Arrée : situé à Commana (Moulins de Kerouat), il permet de comprendre la vie rurale d’autrefois dans ces terres rudes.

Les Châteaux

Le Léon a toujours été une terre de passage et de défense. Ses châteaux racontent l’histoire de la noblesse bretonne. Le patrimoine bâti du Léon est impressionnant, allant de la demeure de plaisance à la défense militaire.      

Le Château de Kerjean

Situé à Saint-Vougay, est l’un des plus beaux exemples d’architecture de la Renaissance en Bretagne. Surnommé le “Versailles Breton”en raison de sa démesure pour l’époque, il offre un contraste saisissant entre ses puissants remparts défensifs et le raffinement de son logis intérieur. Ancienne demeure de la puissante famille Barbier, c’est aujourd’hui un site culturel vivant où l’on découvre, à travers 25 salles richement décorées, l’histoire et le mode de vie de la noblesse du Pays du Léon, le tout au cœur d’un magnifique parc de 20 hectares.

Le Château de Kérouzéré

Il a été édifié entre 1425 et 1458 par Jean II de Kérouzéré. Il est le dernier château fort habité du Finistère. Classé monument historique depuis 1883, il incarne parfaitement l’architecture militaire bretonne du XVe siècle.  Une architecture de caractère de part sa construction en granit et de son aspect massif de forteresse. Il a su préserver ses éléments remarquables, comme son escalier à vis monumental et sa charpente en forme de coque de navire renversée. Propriété privée appartenant à la même famille depuis plus de deux siècles (1821), le château témoigne d’une histoire riche, transmise au fil des générations. Il est entouré d’un vaste parc paysager où l’on trouve encore les vestiges de sa vie passée : colombier, fontaine, puits et lavoir.

Aujourd’hui, il offre aux visiteurs une immersion authentique au cœur du Moyen-Âge, tout en étant ouvert sur la modernité avec des animations régulières (visites guidées, …) qui animent ses murs chargés d’histoire.

Le Château du Taureau

Ou “Fort Boyard” breton est un fort emblématique situé en pleine mer dans la Baie de Morlaix. Construit au XVIe siècle (vers 1540) par les habitants de Morlaix, ce fort servait à protéger la riche cité marchande des fréquentes attaques et pillages anglais. Construit sur un îlot rocheux, il verrouillait  l’accès à la rivière de Morlaix.

A la fin du XVIIe siècle, Louis XIV, via son célèbre ingénieur Vauban, décide de renforcer le site. Le fort est largement reconstruit pour devenir une véritable plateforme moderne, capable de dissuader toute intrusion ennemie grâce à sa puissante artillerie. C’est à cette époque qu’il prend sa forme actuelle. Au fil des siècles, le château a changé de visage. D’une part, dès le XVIIIe siècle, il a servi de prison (notamment pour des détenus politiques sous “lettre de cachet” comme le célèbre révolutionnaire Blanqui. D’autre part, après sa carrière militaire (déclassé en 1883), il a été tour à tour une résidence privée, puis a accueilli une école de voile au XXe siècle.

Laissé à l’abandon et menacé de ruine à la fin du  XXe siècle, il a fait l’objet d’une vaste campagne de restauration. Depuis 2006, ce site classé monument historique est ouvert au public et constitue aujourd’hui l’un des lieux touristiques les plus fascinants de Bretagne, accessible uniquement par bateau.

Les Phares

La côte Nord du Finistère se découvre idéalement en suivant la Route des Phares, qui serpente de Brest jusqu’à la  Baie de Morlaix. C’est une ambiance unique, surtout quand le vent se lève et que les faisceaux balaient l’horizon. On ne rigole pas avec la mer et l’architecture de ces géants de pierre le prouve.

Le Phare de l’Île Vierge (Plouguerneau) : Le Géant

Il est le roi incontesté. C’est tout simplement le plus haut phare d’Europe (82.5 m) et le plus haut du monde en pierre de taille. La visite guidée est l’occasion d’apprécier la finesse du granit de Kersanton qui habille l’édifice ainsi que les milliers de  plaques d’opaline d’un  bleue si singulier qui tapissent l’intérieur du fût, ou encore son vertigineux escalier en voûtes sarrasine… Rendez-vous 383 marches plus haut pour atteindre le chemin de ronde et profiter d’une vue à couper le souffle… Enfin, s’il vous en reste encore après cette ascension !

Le Phare de Pontusval (Brignogan)

Situé sur les rochers de Plounéour-Brignogan-Plages, se dresse une maison phare vieille de plus de 150 ans : le phare de Pontusval. Le logement du gardien est directement intégré à la base de la tour carrée, qui mesure 18 mètres de haut. Le phare s’est éclairé pour la première fois le 15 septembre 1869. Il émet 3 flashs toutes les 12 secondes (phare à occultation). Il a été automatisé en 2003. Sa construction avait pour but de servir de relais entre le phare de l’Île Vierge et celui de l’Île de Batz, sur cette côte rocheuse où les naufrages étaient, malheureusement, nombreux. Si la vocation des phares étaient avant tout la sécurité maritime, certains comme celui de Pontusval ont servi de base à l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale. D’ailleurs, on peut toujours voir un vestige de blockhaus dans le jardin!

Le Phare de l’Île de Batz : la sentinelle des mers

Il se dresse sur la pointe ouest de l’île de Batz. C’est une imposante tour cylindrique en granit, haute de plus de 42 mètres, qui repose sur un soubassement carrée. Au-dessus du niveau de la mer, son feu culmine à environ 70 mètres. Mis en service en 1836, cet édifice fait partie du grand plan d’éclairage des côtes françaises conçu par la commission des phares en 1825. Il  est classé monument historique depuis le 20 avril 2017. Il a été conçu et dessiné  par l’ingénieur en chef Jean-Sébastien Goury. Pour atteindre le sommet et profiter du panorama exceptionnel sur la Manche, la baie de Morlaix et le littoral breton, il faut gravir 198 marches. A sa base, une exposition permet aux visiteurs de découvrir l’histoire maritime de l’île et le fonctionnement technique de la signalisation. Pour ceux qui ne souhaitent pas monter, un poste de pilotage permet même de visualiser la vue depuis le sommet. Le phare a été automatisé en 1995, marquant la fin de la présence des gardiens résidents. Aujourd’hui, il reste un point de repère crucial pour la navigation dans ces parages réputés dangereux.

Le Phare de Moguériec

Il se trouve à l’extrémité de la jetée du port de Moguériec, qui dépend de la commune de Sibiril (29). Il marque l’entrée du chenal permettant d’accéder au petit port de pêche et de plaisance, face à la Manche. Surnommé “ l’idole des houles”, ce petit phare métallique vert et blanc a été conçu dans les ateliers de Gustave Eiffel à la fin du XIXe siècle (1876). Avant d’arriver à Moguériec en 1960, il a connu plusieurs vies, notamment au port de Honfleur, où il était installé sur la jetée. Après des années d’exposition aux embruns, la structure a été fragilisée. Une importante mobilisation locale a permis de financer et de réaliser une restauration complète de l’édifice, démonté en 2021 pour être remis en état avant sa réinstallation.

Le Phare de l’Île Noire

Le phare qui est situé dans la baie de Morlaix, commune de Plouezoc’h, est un amer (point de repère pour la navigation) emblématique de la côte bretonne. Il se dresse sur un îlot rocheux isolé presque entièrement submergé à marée haute, à proximité du Château du Taureau. C’est une tour carrée blanchie vers le large avec une lanterne rouge, en pierre de taille de l’Île Longue et moellons de l’Île Stérec. Le phare de l’Île Noire a été automatisé en 1976.  Il est en activité, comme tous les feux en mer en France mais il n’est plus gardé, ni habité.

 Son amer est  connu des navigateurs en donnant, avec le phare de la Lande, l’alignement de l’entrée de Morlaix par le chenal de Tréguier. Récemment, le phare a fait l’objet d’importants travaux de réhabilitation visant à le transformer en gîte insolite pour le public.

Le Phare de Roscoff

Le phare de Roscoff est un monument emblématique du Finistère Nord, alliant élégance architecturale et importance maritime.

Situé à l’extrémité de la jetée du port, ce phare à terre est construit en pleine ville de Roscoff. Sa situation en fait une promenade incontournable pour les visiteurs qui souhaitent respirer l’air du large sans quitter la terre ferme.Il n’est pas seulement un guide pour les marins. C’est un repère visuel majeur pour tous ceux qui découvrent la “Cité Corsaire”. Il balise l’entrée du chenal menant au port, un passage délicat entre la côte et l’île de Batz.

Erigé entre 1914 et 1917, il remplace un ancien fanal, lanterne de grande taille installée à un point stratégique pour guider les navires, devenu insuffisant. Il est construit à 430 mètres du feu antérieur et se distingue par sa tour carrée en granit rose et gris de l’île de Batz. Sa silhouette pyramidale tronquée lui donne un aspect robuste et élégant, typique des constructions du début du XXème siècle. Il s’élève à 24 mètres au-dessus du sol et environ 26 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Bien que l’intérieur ne se visite pas habituellement, ses spécificités techniques restent fascinantes. Sa lanterne projette un feu blanc à deux éclats groupés toutes les 6 secondes. Sa lumière est visible jusqu’à 15 milles marins, soit environ 28 km, guidant les navires de pêche, les plaisanciers et les ferries vers le port de Bloscon.

Les Ports

Le littoral breton a des visages très différents selon que l’on se trouve sur un quai de commerce ou une cale de pêche artisanale.  Alors que Brest et Roscoff tournent leurs regards vers le commerce international et les liaisons transmanches, Le Conquet et Moguériec, Joyaux de la Pêche Artisanale, restent les gardiens d’un savoir-faire ancestral et d’une gastronomie locale d’exception.

Le Port de Brest : L’Ambition Industrielle

Principal port de Bretagne, Brest est un carrefour stratégique pour le commerce maritime atlantique. Sa rade profonde lui permet d’accueillir les plus grands navires du monde. C’est un port majeur pour la réparation navale, avec ses immenses formes de radoub, et la logistique des énergies marines renouvelables. Il traite une grande diversité de marchandises, des produits agroalimentaires aux hydrocarbures, affirmant son rôle de moteur économique pour toute la région.

Le Port de Roscoff – Bloscon : La Porte de la Manche

Situé à la pointe du Finistère Nord, Roscoff est le lien vital entre la Bretagne, le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Espagne. C’est le port de prédilection pour les ferries (Britanny Ferries), facilitant le transport de passagers et de marchandises (notamment les primeurs du Léon). Avec son port en eau profonde, il combine efficacement une activité de commerce dynamique avec une marina de plaisance de pointe, le tout au pied d’une cité corsaire historique.

Ces deux ports illustrent parfaitement la complémentarité bretonne : Brest tournée vers l’industrie et le grand large, Roscoff vers les échanges.

Le Conquet : Sentinelle de la Mer d’Iroise

Port de pêche emblématique situé à la Pointe du Finistère, Le Conquet est réputé pour sa flottille artisanale spécialisée dans les produits nobles. C’est le premier port de France pour la pêche au tourteau. Entre ses maisons de granit et le va-et-vient des caseyeurs, le port offre un spectacle permanent au rythme des marées, face à l’archipel d’Ouessant.

Moguériec : Le Charme Authentique du Léon

Nichée dans une anse abritée à Sibiril, Moguériec est un petit port de pêche, de 400 habitants, de caractère qui a su préserver son âme. Loin de l’agitation industrielle, il vit au diapason de ses marins-pêcheurs. Le port est historiquement célèbre pour sa langouste rouge et ses poissons de ligne. C’est l’endroit idéal pour admirer le débarquement de la pêche du jour dans un cadre pittoresque, marqué par son célèbre phare vert et blanc.

Ces deux ports reflètent l’âme du Finistère, un territoire authentique qui vit au rythme des saisons de pêche et des marées.