Ici, dans le Finistère Nord, celui qui s’étire entre Roscoff et Brignogan, là où la Manche prend des airs de lagon breton, l’eau prend des teintes turquoises et émeraude dès qu’un rayon de soleil pointe le bout de son nez. Elle est vivifiante. Ce n’est pas une mer lisse et monotone. C’est une mer qui purifie l’esprit et qui rappelle, par son fracas, que la nature commande, le tout enveloppé dans une lumière changeante que seul le Finistère sait offrir.
Les îles
L’Ile de Batz (Enez Vaz)
Située juste en face de Roscoff, c’est une île habitée à l’année qui dégage une douceur surprenante grâce au Gulf Stream. Elle est très agricole et maritime. On y croise des tracteurs qui transportent des algues ou des légumes (la fameuse pomme de terre de l’île de Batz). C’est un petit paradis presque sans voitures où tout se fait à pied ou à vélo. On y accède avec la navette maritime depuis le vieux port de Roscoff. La traversée est de 15 minutes.
A ne pas manquer :
- Le Jardin Georges Delaselle, jardin exotique incroyable. On se croirait sous les tropiques en plein milieu de la Manche.
- Le Phare domine l’île du haut de ses 44 mètres. La vue sur le chenal et Roscoff est imprenable.
- Le Trou du Serpent, chaos de rochers, où selon la légende, Saint Pol aurait précipité un dragon dans la mer.
L’île de Sieck: La sauvage de Santec
Elle est inhabitée (à l’exception d’une ou deux résidences privées) et est accessible à pied uniquement à marée basse. On traverse une étendue de sable et de rochers depuis la plage du Dossen. Elle redevient isolée lors de la marée haute. C’est une côte très découpée, des landes rases et une vue imprenable sur l’île de Batz et le large. C’est un endroit parfait pour se sentir « seul au monde ». Cette île à un passé étonnant car elle a abrité une conserverie de sardines au XIXe siècle (dont on voit encore les ruines) et a servi de poste de guet stratégique pendant les guerres. Elle possède aussi des traces d’un ancien corps de garde. Elle protège naturellement la plage du Dossen des vents d’Ouest les plus violents. Aussi, une partie de l’île est privée, il est important de rester sur les sentiers pour préserver la végétation fragile et la tranquillité des lieux.
A faire :
- Le tour de l’île : Un sentier permet d’en faire le tour en 45 minutes environ. C’est court mais visuellement très riche.
- La pêche à pied : Autour de l’île, les rochers regorgent de bigorneaux, de crevettes et de coques.
- Observer le « Dossen » : Depuis la pointe de l’île, vue plongeante sur le spot de surf du Dossen, très impressionnant quand la houle est là.
L’île Callot(Enez Kalod)
Elle se situe à Carantec, au cœur de la Baie de Morlaix et est beaucoup plus sauvage et dépend entièrement du rythme de la Lune. C’est une île « intermittente », en forme de huit et possède des plages de sable blanc très fin et des eaux turquoise. Elle est accessible par une chaussée submersible. On ne peut y aller qu’à marée basse. C’est un terrain fabuleux pour la pêche à pied. On y accède à pied, à vélo ou en voiture depuis le port de Carantec, uniquement quand la mer se retire.
A ne pas manquer :
- La Chapelle Notre-Dame perchée sur le point culminant de l’île. Elle servait de repère aux marins.
- Les pointes rocheuses, idéales pour observer le Château du Taureau (la forteresse en pleine mer) et le phare de l’île Noire.
Concernant les îles de Sieck et Callot, il faut impérativement vérifier les coefficients et les horaires de marées sous peine de rester coincé quelques heures. Le passage se referme vite et le courant peut être piégeux.
Les Abers
Situés au cœur de la Côte des Légendes et du Pays d’Iroise dans le Finistère Nord, les trois Abers (Wrac’h, Benoît, Ildut) sont des joyaux géographiques uniques. Les Fjords bretons (les Abers) sont des vallées côtières envahies par la mer à chaque marée. C’est un paysage unique où l’eau douce rencontre l’eau salée.
L’Aber Wrac’h
C’est le plus grand et le plus célèbre des trois. Il est réputé pour son aspect sauvage et ses paysages qui changent radicalement selon la marée, le plus profond,le plus spectaculaire, paradis de la voile et de l’ostréiculture.
L’Aber Benoît
Plus étroit et plus vert que son voisin, l’Aber Benoît s’enfonce dans les terres au milieu des bois et des prairies, plus sauvages. Parfait pour une balade paisible.
L’Aber IIdut
Plus au sud, l’Aber Ildut, plus petit, marque la frontière entre la Manche et l’Océan Atlantique. C’est un lieu chargé d’histoire industrielle et maritime. Célèbre pour être le premier port goémonier d’Europe.
La Baie de Morlaix
Entre le Léon, pays de traditions fortes, d’architecture religieuse et d’agriculture intensive et le Trégor, pays de marins, de légendes et de technologie, elle offre un paysage qui change radicalement au gré des marées, passant d’une vaste étendue d’eau parsemée d’îles et d’îlots qui servent de refuges à de nombreuses espèces. C’est un labyrinthe de chenaux et de bancs de sable. Elle est chargée d’histoire. La baie de Morlaix est aussi un haut lieu de l’ostréiculture. Les huîtres qui y sont élevées profitent du mélange d’eau douce des rivières et d’eau de mer pure de la Manche, ce qui leur donne un goût noisette très particulier.
Le Château du Taureau
C’est un monument emblématique. Il a été construit au XVIe siècle par les habitants de Morlaix. Il servait à protéger la ville des pillages anglais. C’est donc la seule forteresse à la mer de Bretagne. Elle a servi de défense, de prison dorée pour les aristocrates, même d’école de voile.
Le Cairn de Barnenez
La baie abrite le plus grand mausolée (tombeau somptueux) mégalithique d’Europe. C’est un monument funéraire aux dimensions exceptionnelles, construit à l’aide de pierres géantes (les mégalithes). Ce ne sont pas de simples tombes individuelles mais des structures monumentales destinées à durer éternellement et à honorer des groupes ou des lignées importantes. Le monument est en réalité composé de deux cairns accolés, construits à des époques différentes. Il abrite 11 chambres funéraires (des dolmens à couloir) auxquelles on accède par de longs passages étroits. La presqu’île de Kernéléhen est dominée par la présence monumentale de ce site préhistorique, découvert en 1955. Il est plus vieux que les pyramides d’Egypte . Le Cairn offre une vue imprenable sur la baie de Morlaix. A l’époque de sa construction, le niveau de la mer était plus bas. Il dominait probablement une vallée fertile plutôt qu’une baie maritime.
L’Île Callot :
C’est le coeur battant de la baie avec sa petite chapelle granitique et ses plages de sable blanc. (voir partie les Îles)
L’Île Noire :
Elle abrite une tour carrée en pierre sombre qui lui donne un air de forteresse miniature. Le phare, construit en 1845, servait à guider les navires dans le chenal de Morlaix. Atmosphère austère, presque mélancolique. Elle ne se visite pas et reste un point de repère visuel fascinant pour les plaisanciers. On raconte qu’elle aurait inspiré Hergé pour l’album Tintin “L’Île Noire” de part sa silhouette mystérieuse. Ainsi, l’esthétique du phare breton reste indissociable de l’œuvre.
L’Île Louët :
Elle est située juste en face du Château du Taureau. L’île est surmontée d’un phare blanc et d’une petite maison de gardien aux volets bleus. Il est possible de louer la maison du gardien de phare pour y passer une ou deux nuits en mode “Robinson Crusoé” (réservation 1 an à l’avance !), pas d’eau potable (citerne), pas de douche moderne mais une vue imprenable à 360° sur la baie et le Château du Taureau. On y accède uniquement par bateau, navette ou kayak depuis Carantec.
La réserve ornithologique
La baie est classée zone protégée. D’ailleurs, de nombreux îlots sont interdits d’accès car ils abritent des colonies de sternes, des aigrettes, des cormorans et des goélands. C’est un spectacle permanent pour les amateurs de jumelles.